Akli D: le renouveau de la chanson kabyle

Akli D

Akli D a de ces chansons qui nous font penser sitôt qu’on l’écoute aux gens humbles, aux gens simples, aux gens démunis; les va-nu-pieds, les claque-dents, les miséreux… Comme si son poème, sa mélodie, bref, sa chanson, émanait d’un seul fil dans la guitare de son âme, le fil le plus sensible, le plus apte, le mieux doté à transmettre la douleur, la fragilité… Pour le reste, on admire dans sa chanson le genre, l’originalité infaillible, car comme Akli D, il n’y en a pas deux, et puis sa voix roque ensommeillée, un visage ami, cordial au dessus duquel les cheveux ennuagés, ébouriffées,  comme pour nous signifier que l’artiste ne descend de son nuage que le temps de nous susurrer sa mélodie, le temps de nous ébahir, comme à chaque fois, d’une trouvaille mélodique dont seul lui a le secret, tant son chant est unique, réussit ce mélange des genres et des langues. Il est des chanteurs innombrables qui ont essayé de chanter en français. Dès la première note, on découvre que c’est totalement dissonant, que c’est raté, qu’une mélodie vient du cœur, qu’un air est d’abord vernaculaire, on ne peut pas le peindre d’une autre langue… Eh bien, ce n’est pas le cas d’Akli D, loin s’en faut, sa chanson à lui réussit dans son hybridité, dans son universalité donc… 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

H. Lounes

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